Mémoire thésis, Master Art Visuel - Head,
sous le tutorat de Charlotte Laubard.
« Imagine you are falling. But there is no ground. »
C’est par ces lignes que débute le texte In free fall : A thought experiment on vertical perspective  de l’artiste et théoricienne Hito Steyerl. L’essai écrit en 2009 opère un renversement des systèmes dominants de perception. À travers la déconstruction historiographique de la perspective linéaire, l’auteure révèle l’émergence d’une nouvelle façon de voir. Un paradigme visuel venu supplanter le précédent, la perspective verticale. Dans l’ensemble de son texte, Hito Steyerl articule sa démonstration au moyen d’une supposition, nous serions tous dans un état de chute libre. Initier dès la première ligne, cette condition hypothétique se fonde sur un présupposé philosophique. La caractérisation de notre monde contemporain comme un environnement dénué de fondation. C’est en cela que nous tomberions, sans point d’arrivée, en chute libre. Ce postulat conceptuel évolue et se transmue tout le long du texte. D’abord proposé comme une supposition philosophique, il devient un outil critique capable de déconstruire les systèmes perceptifs dominants. Il se configure ensuite comme une métaphore globale de notre condition de spectateur. Et enfin, comme une forme favorisant l’émergence de nouvelles perspectives, libérée de normes aliénantes. Sans jamais opérer de distinction entre l’approche poétique et le prisme analytique Steyerl fusionne les discours que la chute libre produit. Et génère ainsi les prémisses d’une méthodologie conceptuelle. Ce mémoire est une tentative d’appréhension de la chute libre à travers l’analyse de certaines de ses occurrences. Une investigation de ses aspects polymorphes, qui souhaite éviter l’assemblage, la caractérisation ou la formulation d’une théorie globale potentiellement réductrice. C’est pourquoi j’envisage son écriture comme des sauts volontaires et répétés dans le vide. Un à un, comme des essais où chaque fin, chaque sol stable se décomposera, pour laisser la place au suivant. 
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Imagine you are falling. But there is no ground.
A été achevé d’imprimer avril 2017 
à la Haute école d’art et de design - Genève. 
Tiré à 50 exemplaires. 
Extrait «Imagine you are falling. But there is no ground. », 2017.
Extrait «Imagine you are falling. But there is no ground. », 2017.
Extrait «Imagine you are falling. But there is no ground. », 2017.